En Afghanistan, la liberté retrouvée des joggeuses



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Malgré les réticences d’une société très patriarcale, des dizaines d’Afghanes pratiquent régulièrement la course à pied dans des parcs de Kaboul. Un moyen pour ces femmes de développer leur confiance en elle.

Foulard sur les cheveux et baskets au pied, des dizaines d’Afghanes s’adonnent régulièrement aux plaisirs de la course à pied sur les hauteurs de Kaboul. Regroupées au sein du groupe Free to Run, ces joggeuses n’hésitent pas braver le froid et… les regards réprobateurs. Car dans l’Afghanistan ultra-conservateur, faire du sport en public est considéré comme « honteux » pour une femme.

« Je me sens bien quand je cours », dit Marmar, 17 ans, qui a déjà remporté trois courses en deux années de compétition. « Ma famille veut que je devienne professionnelle. Je suis fière de moi… et ma famille aussi », sourit la jeune fille, qui insiste toutefois pour couvrir son visage lorsque l’AFP la filme, par crainte de représailles.

Les entraînements, dans cette ville déchirée par la guerre où les attentats-suicides sont fréquents, commencent à l’aube, même pendant les mois les plus froids, lorsque les températures peuvent être négatives et que l’air est vicié par la fumée des poêles à bois et à charbon. Des mini-fourgonnettes passent chercher les jeunes filles et les femmes à leur domicile et les conduisent dans des endroits relativement sûrs pour courir. A leur volant, des hommes, leurs chaperons.

Gérer l’anxiété

Crée en 2014 par une avocate et marathonienne canadienne, Free to Run, organisation à but non lucratif, a pour objectif de rendre autonomes les femmes dans les zones de conflit par le biais du sport, comme la course à pied, la randonnée, le ski, le cyclisme ou le kayak.

L’association compte plus de 380 membres en Afghanistan, où recruter des filles et des femmes reste difficile. Environ un tiers de l’équipe est composée de joggeuses qui s’entraînent pour des courses en Afghanistan et à l’étranger, notamment en Mongolie et au Sri Lanka. D’autres participent à des séances d’entraînement lorsqu’elles le peuvent, appréciant autant de suivre le rythme de leurs amies que de faire de l’exercice. En plus d’améliorer leur condition physique, certaines affirment que la course à pied les a aidées à gérer leur anxiété et à développer leur confiance en elle.

Avec AFP



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