des négociations à l’ONU sans illusions



Première publication :

Pendant deux jours, des représentants de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie et du Front Polisario se sont réunis à Genève sous les auspices de l’ONU pour relancer de difficiles négociations sur le statut du Sahara occidental.

Les premières discussions en six ans concernant le statut du Sahara occidental se sont achevées sans autre résultat que la promesse d’une poursuite du dialogue début 2019.

Mercredi 5 et jeudi 6 novembre, les ministres des Affaires étrangères algérien, marocain, mauritanien et représentants du Front Polisario se sont rencontrés à Genève, une première depuis 2012. Des négociations difficiles que l’ONU espère pouvoir relancer à travers son émissaire, l’ex-président allemand Horst Köhler, qui s’est montré enthousiaste. « Une solution pacifique à ce conflit est possible. D’après nos discussions, il est clair pour moi que personne ne gagne à maintenir le statu quo », a-t-il déclaré devant les médias.

Pour le ministère algérien des Affaires étrangères, « la réunion de Genève relance le processus de négociations sur le Sahara occidental ».

Le Polisario réclame un referendum d’autodétermination

Le Polisario milite pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour régler, selon lui, le conflit né au moment du départ des colons espagnols. En guerre contre le Maroc jusqu’au cessez-le-feu de 1991, il a proclamé une République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976, avec le soutien de l’Algérie et de la Libye.

Le Maroc contrôle dans les faits 80 % de ce territoire désertique de 266 000 km², et traite comme ses dix autres provinces cette région dotée d’un millier de kilomètres de littoral atlantique poissonneux, ainsi que d’un sous-sol riche en phosphates.

Rabat, dont la délégation à Genève était conduite par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté, en invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale. « L’autodétermination est une chose, le referendum en est une autre. L’autodétermination se fait par les négociations. Le référendum n’est pas à l’ordre du jour », a affirmé Nasser Bourita en conférence de presse. Il a néanmoins relevé « la très bonne atmosphère » durant les discussions, tout en soulignant que son pays « n’est pas prêt à s’engager dans des réunions sans fin. »

République sahraoui

De son côté, le président du « parlement » sahraoui Khatri Addouhsi, à la tête de la délégation du Polisario, a une nouvelle fois demandé le droit à l’autodétermination. Et « si les Marocains ont la réelle volonté d’en finir avec cela et de façon plus rapide qu’en organisant un référendum, ils doivent reconnaître la République sahraoui », a-t-il dit.

Le dernier cycle de négociations directes lancé par l’ONU en mars 2007 s’était enlisé en raison de désaccords entre le Maroc et le Polisario sur le statut du territoire et sur la composition du corps électoral pour un référendum d’autodétermination.

>> À lire : Sahara occidental : comment le Maroc utilise l’immigration comme moyen de pression sur l’UE

Les observateurs soulignent que les parties impliquées sont mises sous pression avec la récente réduction à six mois, contre douze auparavant, du renouvellement du mandat des casques bleus de la Mission de l’ONU, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu.

Dans l’attente d’un règlement, de 100 000 à 200 000 réfugiés selon les sources, en l’absence de recensement officiel, vivent dans des conditions précaires dans des camps près de la ville algérienne de Tindouf, à 1 800 km au sud-ouest d’Alger, non loin des frontières avec le Maroc et le Sahara occidental.



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